kabamba Bamukaya dit Kabos, artiste décorateur expose
sur un art à caractère intellectuel, réfléchi dont les oeuvres illustrent des
valeurs sociales et culturelles africaines et particulièrement congolaises à
travers leurs thème, symbole et autres idiogrammes.
L'art de Kabos est aussi une recherche sur le devenir de
l'homme et de la technique au 21ème siècle qui se manifeste dans un symbolisme
expressif s'inspirant fortement de la tradition africaine.
Abordé par notre collaborateur, Kabamba Bamuka a accepté de
lui accorder l'interview que voici :
Bonjour Monsieur Kabos, nous voulons savoir sur quoi
porte cette exposition ?
Le thème retenu pour cette exposition c'est l'art
intelligent; un art qui a un caractère réfléchi. Ce sont les oeuvres qui
portent un message de réflexion.
Comment justifiez-vous la raison d'être des titres
ou sujets que vous avez accordé à chaque tableau par rapport au thème de
l'exposition ?
Les titres attribués aux oeuvres ont été choisis pour
coïncider avec le thème de l'exposition. En fait, j'ai voulu amener la réflexion
sur la réalité de la vie quoti- dienne du peuple congolais. Mais il y a aussi de
ces tableaux qui traduisent la réalité africaine. Il faut comprendre que sur le
plan thématique, cette exposition est purement congolaise et mon souhait est que
les congolais consomment ces tableaux.
Mais une oeuvre d'art n'est toujours pas ciblée
?
Vous savez mon frère, il y a des choses qui doivent se dire
entre nous. Le tableau tel que les cinq chantiers, je m'adresse à qui ? Le
dialogue, l'ouverture à travers le monde, tous ces sujets constituent ce que
nous vivons actuellement ! Et quand je parle de train du développement, c'est en
réalité la Rdc qui se met en marche espérant qu'il va atteindre le niveau des
autres !
Quels sont les aspects de l'art qui suscitent
l'attention et l'appréciation sur le plan esthétique ?
Dans l'art, il y a deux aspects qui entre en compte. Il
s'agit de l'impression et de l'expression. Avec l'impression nous voyons ce qui
attire, la couleur par exemple, et l'expression c'est dans le dessin, voire dans
les détails la partie que vous admirez ou celle qui vous a poussé à admirer le
tableau.
Depuis comment de temps êtes-vous venu dans l'art et
dans combien d'exposition avez-vous déjà participé ?
Franchement, ça fait douze ans que je suis vraiment artiste.
C'est depuis l'exposition concours de 1995 au centre culturel kimbanguiste. Mais
je suis présent dans une vingtaine d'expositions collectives. Celui-ci est la
première fois que j'expose seul. Mais l'année 1992 a été pour moi une première
aventure, quant j'ai exposé une carte postale pleine de succès, en 1994 je suis
monté au niveau de papier et en 1995 j'ai exposé ma première toile.
En dehors de la RDC, pouvons-nous retrouver aussi
des tableaux signés Kabos ?
Effectivement j'ai des tableaux à l'étranger. J'ai envoyé à
deux reprises mes tableaux en France et une fois en Suisse. En Suisse, mon
manager m'a exposé dans une foire, mais en France c'était une fois à la Rochelle
et une autre au salon d'art atlantique français.
Comment êtes-vous arrivé à vous fixer un style qui
soit vôtre ?
Dans ce que nous appelons style, chaque peintre ou artiste a
un style différent qui correspond à sa personnalité et à sa manière de voir le
monde. Il s'inspire de tout ce qu'il voit autour de lui et aussi du travail des
autres. Moi je regrettais ce que faisaient les aînés tel que Robert Botembe et
le peintre Muf qui fait le réalisme.
Dites-nous un peu comment vous êtes venu à l'art
plastique ?
Quand j'étais encore à l'école primaire je dessinais déjà
bien, je pensais devenir médecin, économiste ou quelque chose comme ça; mais la
famille m'a forcé de faire les beaux arts par ce que je dessinais très bien. Et
c'est ainsi que j'y suis resté après avoir compris que c'était une bonne
formation.
Quel est votre apport au centre culturel ou quel est
l'apport du centre dans cette exposition ?
En principe, le centre culturel sert à la promotion de l'art
et de la culture. La production des tableaux est aux frais propres de l'artiste,
mais à la fin de l'exposition, le centre va retirer dix pourcents du coût des
tableaux vendus. La salle d'exposition n'est pas à louer, mais les dix pourcents
servent à compenser les affiches, les dépliants, les banderoles et
autres.
Apparemment les prix des tableaux qui vont de cent à
sept cent dollars américains sont exorbitants pour un seul tableau ?
Vous savez, les oeuvres de l'esprit sont toujours chers.
Mais quelqu'un qui paie chaque mois une maison ne se gênerait pas s'il faut
s'acheter une oeuvre d'art.
Quelle assurance du Gouvernement avez-vous déjà reçu
?
Au Congo, l'art plastique est négligé. Le ministère de la
Culture et des arts ne s'intéresse qu'à la musique. Et d'ailleurs il n' y a
aucune autorité du ministère qui devait s'occuper de nous les artistes qui est
passé ne fut ce que voire ! Je pensais pourtant avoir beaucoup de clients parmi
eux.
Mot de présentation par le professeur Paul-Olivier
MUSANGI NTEMO, critique d’art, à l’occasion du vernissage le 12 avril 2007 à la
Halle de la Gombe:

Mesdames, Messieurs, Amis de la Culture et des Arts,
Le vernissage d’une exposition artistique constitue toujours un
événement heureux, car il permet à l’artiste de rencontrer son public dans un
cadre convivial, de dialoguer avec lui et surtout de l’emballer dans l’univers
fantastique de nouvelles œuvres qu’il présente.
Aussi, est-ce avec un réel plaisir et une légitime fierté que je
me fais l’honneur d’offrir à l’auguste assistance la personnalité de
l’artiste-peintre KABAMBA BAMUKUYA « KABOS » dont les œuvres s’étalent devant
vous dans ce magnifique cadre de la Halle de la Gombe.
Né le 29 mai 1976 à Isiro dans la Province Orientale, KABOS
déclare être devenu artiste par contrainte, suite à l’incompréhension au niveau
de la famille qui voulait l’orienter vers d’autres voies. Dès, son jeune âge, il
se donnait comme principal loisir le fait de dessiner et de colorer tout ce qui
tombait sous ses yeux, d’en faire de belles images, dans le seul but de se
distraire. Petit à petit, il se mit à aimer ce «jeu» et surtout les effets
qu’il produisait, sans pour autant qu’il soit question de vocation ni de métier.
A l’époque, en effet, ses ambitions étaient de devenir tout, sauf artiste. Il
rêvait d’être médecin-chirurgien, économiste, gestionnaire d’entreprise ou homme
d’affaires. Vous voyez à quoi il pensait.
Mais la force intérieure du talent qui se confirmait le poussait
sans cesse à dompter la couleur et le dessin, comme si ses doigts ne désiraient
que cela. Son entourage, du reste, le poussait irrésistiblement vers des études
artistiques, au vu des petits exploits picturaux qu’il réalisait. Personne n’a
trouvé à redire lorsqu’il s’est inscrit aux humanités artistiques aux alentours
de 1990. Le contact avec les exigences scolaires n’était pas facile. Mais peu à
peu, il s’est adapté et a même commencé à pousser loin ses réflexions sur l’art.
En 1991 déjà, il tenta la première aventure en exposant timidement
dans une galerie d’art, le Centre Culturel Boboto. C’était des cartes postales.
Il fut le premier élève à être admis dans ce cénacle.
De fil en aiguille, KABOS s’engagea sur la voie difficile de la
recherche en vue de se tailler une originalité. Il n’eut pas d’autre inspiration
que le riche patrimoine culturel du terroir, à savoir, l’art traditionnel
négro-africain. Là-dedans, il découvrit et s’imprégna du symbolisme qui
constitue l’essence vitale de cette forme d’art. Transplanter ce courant dans
l’art moderne l’amena à s’inscrire dans la logique et la pratique du
« Transsymbolisme ». Mais sa vision est liée à une conception de la vie qui se
veut mystique, dans le sens de la quête permanente de l’élévation des valeurs
fondamentales de la société.
C’est pour cela qu’actuellement, et vous le remarquerez à travers
les œuvres exposées ici, KABOS se lance dans l’exploitation des masques auxquels
s’attachent des symboles spécifiques et des idéogrammes particuliers, dans une
harmonie des formes sensibles aux réalités de la vie courante, d’abord du
quotidien congolais, ensuite du monde entier.
KABOS fait aussi du réalisme figuratif dans toute sa complexité.
Ce qui l’amène quelque fois à la publicité en tant qu’artiste-graphiste.
Mesdames, Messieurs, Amis de l’art,
Le meilleur discours d’un vernissage est celui qui émane des
œuvres elles-mêmes, celui qui jaillit du contact direct entre le contemplateur
et les tableaux. C’est pourquoi je vous laisse le loisir et le plaisir d’admirer
ces œuvres, dans l’espoir que vous daignerez emporter l’une ou l’autre pour
continuer à les contempler chez vous. Merci à tous d’être là et agréable soirée. |

Haut de page